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N° 45 - Psychotropes : Attention danger
Les dérapages de la Miviludes
mercredi 16 novembre 2011
Le 22 février 2011, à Nyons, dans la Drôme, 70 gendarmes, avec la participation de la Cellule d’assistance et d’intervention en matières de dérives sectaires (CAIMADES), police spécialisée dont la création a été voulue par la Miviludes, envahissent un centre de développement personnel. Que reproche-t-on au Centre d’enseignement de biodynamisme ? Rien… sauf des soupçons : « une activité potentiellement sectaire » selon les termes du mandat d’un juge d’instruction de Valence et « d’avoir fait payer de façon onéreuse des stages » (Dauphiné Libéré), ce qui est, pour un centre d’enseignement, plutôt banal. Bilan de l’opération : 4 personnes placées en garde à vue.
Dans ce climat détestable, les soupçons tiennent lieu de preuves et la Miviludes ne s’en cache pas. Hervé Machi, son secrétaire général, explique : « Selon des éléments recueillis en 2009, la créatrice du centre semblait exercer une emprise mentale sur les stagiaires, avec rupture familiale et professionnelle ». Ce n’est pas la première descente musclée orchestrée sous l’impulsion de la Miviludes dans un lieu d’activités ou une communauté à la recherche de spiritualité : le monastère œcuménique du Moulin des Vallées en octobre 2009, le centre de Chardenoux, éditeur de la revue Terre du Ciel, en janvier 2010, en ont fait l’amère expérience, pour ne citer que ceux-là. Les spécialistes assistent avec inquiétude à l’escalade d’une sorte de terrorisme intellectuel exercé par la Miviludes en toute impunité.
Le décret fondateur de la Miviludes indique que la Mission est chargée d’observer et d’analyser les mouvements « dont les agissements sont attentatoires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l’ordre public ». G. Fenech a depuis longtemps franchi le pas qui lui évite d’avoir à rassembler des preuves de tels agissements, en annonçant la création d’un référentiel (soit une liste de mouvements suspects) établi sur la base de simples « signalements », c’est-à-dire de lettres de personnes qui se plaignent. Depuis le 22 février, il est clair que la Miviludes a franchi un nouveau pas dans l’escalade. Il n’est plus besoin que quiconque se plaigne, le soupçon suffit pour lancer 70 gendarmes à l’assaut d’un centre de biodynamisme ou pour justifier de nouvelles formes de censure. Au Salon du bien-être, à Paris, en janvier 2011, une note était diffusée par les organisateurs à l’attention de tous les exposants, leur recommandant, suite aux directives de la Miviludes, de proscrire toutes « allégations thérapeutiques ». La note précise : « Ils [la Miviludes] se rendront sur le salon pour observer les stands et entendre les discours tenus. » Les gendarmes et la CAIMADES ont-ils prévu de s’équiper de palmes en vue d’une prochaine intervention dans les centres de thalassothérapie afin de vérifier la bonne application de la ligne de la Miviludes, qui persiste à vouloir décider à la place des citoyens ?