N°46

 
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LE DRAME DES ENFANTS SOUS DROGUES PSYCHIATRIQUES

vendredi 14 juillet 2006

LE DRAME DES ENFANTS SOUS DROGUES PSYCHIATRIQUES

Antony, 9 ans, est un enfant très joyeux, intelligent et curieux de tout qui, à l’école maternelle, aimait s’aventurer un peu partout.

Souvent, alors que l’instituteur essayait de capter son attention, Antony avait juste envie de jouer. Son esprit s’évadait et ses mains suivaient. Il était sans cesse en mouvement - « en train de faire des siennes », comme disent les adultes.

A cause de ce comportement somme toute normal, Antony a été envoyé chez un pédopsychiatre, qui l’a étiqueté « hyperactif » et lui a prescrit un psychotrope.

Sa mère, Cristiane B., insistant sur le fait qu’Antony n’était pas « hyperactif » et après avis de son pédiatre, a refusé de faire prendre à son fils les calmants prescrits par le pédopsychiatre. La directrice et la psychologue de l’école ont alors fait pression sur Christiane, menaçant de renvoyer Antony si sa mère s’obstinait à refuser le traitement.

A la suite d’un signalement au procureur, Christiane a été convoquée par la brigade des mineurs, audience suivie d’une enquête de moralité fouillée. Elle s’est retrouvée ensuite devant le juge des enfants qui a demandé une expertise psychiatrique. Cette expertise ayant conclu que le comportement d’Antony était tout à fait normal pour son âge, le juge a classé l’affaire !

Il a malgré tout fallu des dizaines de lettres à divers représentants des pouvoirs publics, dont le maire de Paris, pour mettre fin aux pressions et obtenir qu’Antony soit à nouveau scolarisé. Aujourd’hui, deux ans plus tard, Antony fait partie des bons élèves et selon ses voisins : « On ne peut pas trouver d’enfant plus gentil ».

Antony a eu la chance d’avoir des parents qui refusaient de le droguer. « Des milliers d’autres enfants n’ont pas autant de chance. Et cela nous concerne tous, car tous les signes avant-coureurs d’une escalade de la violence liée aux psychotropes, à l’américaine, sont là », déclare Frédéric Grossman, président de la branche française de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme.

Des conséquences mortelles

Frédéric Grossman fait allusion à des épisodes tragiques comme le massacre de l’école de Columbine où l’élève Eric Harris, sous antidépresseurs, a fait équipe avec l’un de ses camarades pour tuer 12 collégiens et un professeur avant de se donner la mort.

« Avec tout ce que l’on sait sur les comportements violents et suicidaires imputables aux médicaments prescrits aux enfants par les psychiatres », ajoute-t-il, « n’est-il pas temps de s’interroger sérieusement sur les liens de cause à effet entre leur prescription à un nombre croissant de jeunes patients et la montée de la violence chez les jeunes ? ».

« Dans un petit village du Var, un jeune garçon tranquille, Eric, tue de façon inexplicable 13 de ses voisins », continue F. Grossman. « En Normandie, c’est Pierre, un garçon de 14 ans, qui tue ses parents et son frère de 4 ans, et blesse sa sœur. Et que dire de ces six adolescents « ordinaires » de Creil qui ont enlevé et torturé un garçon du quartier ? Est-ce un cas de folie collective ou faut-il s’interroger sur la présence éventuelle de drogues psychiatriques ? »

L’ampleur du problème est soulevée par le docteur J. P. Labreze, président du Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants de la psychiatrie qui, dans un courrier récent adressé au Ministre de la santé, rappelle les taux alarmants de prescriptions de drogues psychotropes (120 000 enfants et adolescents sous antidépresseurs en 2003 selon une étude de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie).

On estime aujourd’hui que 8 000 écoliers sont sous ces traitements dits de « médicaments contre l’hyperactivité » (1) parce que leur fantaisie normale d’enfant est aujourd’hui considérée comme un « trouble ». L’ayant baptisé trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (THADA), l’industrie psychiatrique clame haut et fort qu’il affecte 5 % de nos enfants d’âge scolaire et préconise pour la plupart d’entre eux des « traitements » à base de dérivés amphétaminiques comme la Ritaline (2). Ces substances, au même titre que les opiacés puissants, la cocaïne, les amphétamines et les barbituriques, sont classées comme drogues de catégorie II [dangereuses et provoquant une dépendance], selon la classification du Bureau International de contrôle des Narcotiques.

Des conséquences nocives

Depuis que le traitement psychiatrique des enfants est entré en force dans le système éducatif dans les années 50, on constate une baisse régulière des performances scolaires et du niveau d’instruction. Le manque de compréhension et d’intérêt des jeunes pour l’étude se traduit par les piètres résultats obtenus aux tests portant sur les acquis de base en mathématiques et en orthographe, et se manifeste aussi dans le nombre de plus en plus important d’abandons dans le secondaire et à l’université.

Les questions liées à la santé et à la sécurité de l’enfant sont encore plus graves. Une enquête française intitulée « Suicide et médicaments psychiatriques », menée en 1996 par le professeur de psychiatrie Edouard Zarifian, conclut que les tentatives de suicide se produisent plus souvent parmi les patients qui prennent des antidépresseurs (3). Et quand il s’agit des médicaments psychiatriques dans les écoles, le taux de suicide des élèves en « traitement » est bien au-dessus de la moyenne.

Cette vérité incontestable a d’ailleurs conduit les autorités sanitaires britanniques à recommander en 2003 l’interdiction de la prescription de ces traitements aux moins de 18 ans.

Les effets des médicaments psychiatriques sur les adolescents sont en fait catastrophiques. Spasmes, manifestations d’hostilité, tics, voire crises de folie et de violence incontrôlable et inexplicable font partie des effets secondaires de ces drogues susceptibles de modifier profondément le psychisme des patients.

Selon le British Journal of Applied Behaviour Analysis (Journal britannique de l’analyse appliquée du comportement), la mise sous traitement forcée d’enfants étiquetés « hyperactifs » pourrait s’avérer « trop coûteuse pour l’enfant, car elle peut retarder son développement scolaire et social, un coût humain que les écoles et les sociétés peuvent difficilement se permettre. »

Au Royaume-Uni, selon le Daily Mail, la Ritaline est sous surveillance renforcée après une série de décès. Sa consommation a presque triplé en 7 ans dans ce pays, car le THADA est diagnostiqué chez de plus en plus d’enfants. Le 10 février dernier, on apprenait que neuf enfants au moins étaient morts au Royaume-Uni après avoir pris de la Ritaline ou des médicaments similaires pour « traiter » le THADA ou « hyperactivité ». Un autre cas est particulièrement horrible : un petit garçon de 7 ans a fait une tentative de suicide après avoir commencé son traitement à cette substance dont la molécule est semblable à celle de la cocaïne.

LES AVERTISSEMENTS SE MULTIPLIENT

Le fait que la psychiatrie étiquette et mette ainsi les enfants sous traitement est aujourd’hui fortement controversé et les autorités multiplient les avertissements des deux côtés de l’Atlantique. Le 9 février 2006, une commission de l’Agence fédérale américaine pour le contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques, la FDA (Food and Drugs Administration), a recommandé que l’Agence appose son label d’avertissement réservé aux médicaments les plus dangereux sur les boîtes de Ritaline et d’autres médicaments psychiatriques associés prescrits suite à un diagnostic de THADA, afin d’avertir entre autres les parents des risques cardio-vasculaires et de décès brutal.

Victoria Dunkle, dont la fille, Shaina, est morte dans ses bras d’une attaque alors qu’elle prenait un médicaments psychiatrique pour le THADA, a témoigné devant la commission de la FDA : « Mon mari et moi, nous avons cru les spécialistes et nous leur avons fait confiance, et tout ce qu’ils ont su faire, c’est conduire à la tombe notre enfant de 10 ans. »

Le Dr Steven Nissen, membre de la commission, a déclaré : « On assiste à l’usage de médicaments qui ont de graves conséquences cardio-vasculaires et ce, en-dehors de tout contrôle. Nous faisons face à une crise potentielle de santé publique. »

Selon le Dr Frederick Baughman, pédiatre neurologue, des documents obtenus grâce à la loi américaine d’accès aux documents administratifs font état de 160 décès médicalement liés au methylphénidate entre 1990 et 1997, la plupart des victimes étant des enfants.

Le 28 juin 2005, la FDA avait déjà publié un avis déclarant que les effets défavorables liés aux médicaments psychiatriques pour enfants comme le Concerta ou la Ritaline allaient des hallucinations visuelles aux idées suicidaires, en passant par un comportement psychotique, agressif ou violent.

Selon le quotidien The Guardian, suite aux conclusions d’enquêtes britanniques officielles sur les dangers des antidépresseurs pour les enfants, les médecins anglais ont recommandé le 27 septembre 2005 « d’arrêter de prescrire ces substances aux enfants et aux moins de 18 ans à cause des risques de tendances suicidaires liées à ces médicaments. L’Institut national pour l’excellence clinique (National Institute for Clinical Excellence- NICE) ... a déclaré que les médicaments ne devraient jamais être le premier traitement utilisé. »

En août 2005, l’Agence médicale européenne a à son tour demandé, au vu du nombre croissant de preuves établissant un lien entre comportement violent ou suicidaire et médicaments psychiatriques, que la prescription d’antidépresseurs aux enfants et aux adolescents soit restreinte et étroitement surveillée. Quelques jours plus tard, la Commission européenne publiait une décision pour appuyer les recommandations de l’Agence.

En 2004 déjà, le comité consultatif d’experts de la FDA après avoir examiné 24 études, conduites sur un total de 4 000 enfants et adolescents, et concernant 9 molécules appartenant pour la plupart à la nouvelle génération des antidépresseurs, concluait que le rapport bénéfices/risques des antidépresseurs pour les enfants et les adolescents était négatif. . Mais alors que le Ministère de la Santé avait publié dès Décembre 2003 une mise en garde sur les effets de certains antidépresseurs, susceptibles d’augmenter l’hostilité, les changements d’humeur, les tendances agressives ou suicidaires chez les enfants et les adolescents, aucune décision officielle ni interdiction n’ont été publiées depuis. Quant à l’AFSSAPS (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), dans une recommandation récente, elle« déconseille » l’usage de ces produits chez les moins de 18 ans sans prononcer aucune interdiction, laissant ainsi toute latitude aux prescripteurs. Rappelons que sur les 429 membres inscrits en 1999 aux différentes commissions de l’Agence, 334 déclaraient entretenir un lien direct ou indirect avec un laboratoire...

« Plus d’un millier de rapports et d’articles ont été publiées dans le monde sur les effets nocifs voire même mortels pour les enfants, tous avec des conclusions similaires, mais la France semble vouloir ignorer les tragiques expériences d’autrui. », déclare le docteur Pierre Pénichon, médecin nutrithérapeute à Paris.

« Pire encore, le rapport de l’INSERM (Institut national pour la recherche médicale) « Troubles du comportement des enfants et des adolescents », publié en septembre 2005, va exactement dans la direction opposée. En effet, ce rapport propose un plan complet de passage au crible des enfants pour détecter les troubles de comportement dès l’âge 3 ans, allant même jusqu’à oser dire que les troubles ‘devraient être repérés pendant la grossesse’ », ajoute le Dr Pénichon. Un plan similaire de dépistage des adolescents a pourtant lamentablement échoué aux Etats-Unis, où de plus en plus d’écoles refusent de mettre en place l’examen de leurs élèves.

« Le fait que des enfants, après avoir passé des tests développés dans le but de coller une étiquette de « trouble mental » sur un nombre toujours plus grand d’entre eux, se retrouvent dans l’obligation de prendre des médicaments aux effets secondaires dangereux et parfois mortels, est un sujet que les journaux médicaux évitent de mentionner », déclare le Dr Labrèze. « Que dirons-nous, demain, aux millions d’enfants qui auront pris ces médicaments toxiques pendant des années et qui exigeront une explication ? »

Le Pr Marcel Rufo, pédopsychiatre et auteur de nombreux ouvrages, résume bien les préoccupations liées à la classification du comportement de l’enfant : « Le monde n’a pas à standardiser le comportement de l’enfant. Ce qui est beau, c’est le singulier, le rare. Si nous devions nous conformer à des normes, il n’y aurait plus de révolutionnaires, de poètes, de religieux. [... ] L’enfant instable a toutes les chances de se développer normalement. »

Alexandre Forté

Des associations de défense des Droits de l’homme et de nombreux sites web de surveillance agissent conjointement pour alerter spécifiquement les parents sur les risques du passage au crible de leurs enfants et de leur « traitement » par médicaments psychotropes. Vous pouvez faire entendre votre voix en visitant le site www.cchr.org pour mettre fin à la mise sous camisole chimique des enfants dans votre pays.

(1)Selon les statistiques du Ministère de la Santé, 7500 à 9000 enfants sont traités au méthylphénidate (nom générique de la Ritaline) (2)Ritaline : nom de marque du méthylphénidate , stimulant du système nerveux central proche des amphétamines dont les effets sont similaires, sur le plan chimique, à ceux de la cocaïne, souvent prescrit après un diagnostic de soi-disant trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (THADA) (3) Alexander Dorozynski, “France tackles psychotropic drug problem,” British Medical Journal, 20 avril 1996. (4) Pr Marcel Ruffo, « Vive le désordre ! », L’Express, 13 octobre 2005

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