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La Une : 4 Français sur 10 dans la ligne de mire

jeudi 8 août 2013

La Une : 4 Français sur 10 dans la ligne de mire

Depuis sa création en 2002, la Miviludes a accumulé les dérapages. En publiant en 2012 une « liste noire » des médecines douces, la mission a franchi la ligne jaune, s’attaquant ouvertement au libre choix thérapeutique comme elle s’était attaquée jusque là au libre choix des croyances.

Aujourd’hui, 4 Français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives ou complémentaires. Elles ont même fait leur entrée dans les hôpitaux publics. Pourtant, un organisme public, placé sous l’autorité du Premier ministre, se permet de stigmatiser l’ensemble des thérapeutes non conventionnels et ce, sans aucun débat contradictoire.

Tout comme la Miviludes considère que le courant New Age est en soi une dérive, elle a décidé arbitrairement que des thérapies « non éprouvées, complémentaires ou alternatives » sont assimilables à des « dérives thérapeutiques ». Dans son « Guide » sur la santé paru en avril 2012, comme dans ses derniers rapports annuels, la Miviludes a établi une véritable « liste noire » des médecines douces. Ce phénomène, présenté comme « exponentiel », serait « préoccupant par le nombre de victimes ». On peut se demander à juste titre ce qui permet à la Miviludes d’être aussi affirmative, puisqu’elle avoue un peu plus loin sa totale ignorance quant à l’ampleur du phénomène : « Les accidents liés aux pratiques non conventionnelles ne sont jamais répertoriés actuellement. » Sur la liste noire ainsi établie figurent des pratiques aussi répandues que la naturopathie ou la sophrologie. [1]

Comme à son habitude, la mission a choisi d’aller à contre-courant et d’ignorer les avis de spécialistes. Car pour répondre aux attentes des patients, les hôpitaux, eux, ont décidé de valoriser les médecines alternatives, de plus en plus pratiquées au sein de leurs établissements. S’appuyant sur les 17 recommandations d’un rapport co-écrit par le Pr Fagon et le Dr Viens-Bitker, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP), qui gère 39 hôpitaux et plus de 22 000 lits à Paris et en Ile-de-France, a par exemple annoncé le 11 juillet 2012 la création d’un comité hospitalo-universitaire pour les médecines complémentaires. L’AP veut « contribuer par la recherche à déterminer la place de ces traitements dans les stratégies thérapeutiques », dans un souci de « prise en charge globale des patients ». Parmi les 9 sujets de recherche clinique déjà menés par l’AP, l’un est justement consacré à la sophrologie.

Tout nouveau mode de pensée est une dérive sectaire

Comme dans d’autres domaines, la position de la Miviludes est essentiellement idéologique. Elle stigmatise d’emblée toute pensée différente, toute recherche d’amélioration ou de nouveauté. Dans son rapport au Premier Ministre remis en 2008, Georges Fenech, peu avant sa nomination à la tête de la Miviludes, expliquait clairement sa conception : « L’action répressive de l’Etat doit être mise en œuvre dès lors qu’un certain nombre de critères sont réunis : une ou des personnes qui commencent à s’attacher à des idées véhiculées, différentes des idées habituellement partagées par le consensus social. »

Ayant faussé le débat en assimilant thérapie alternative et dérive, la Miviludes va plus loin dans la dictature intellectuelle qu’elle entend imposer : « Les extraits des rapports annuels de la Miviludes sur la dangerosité de telle ou telle méthode ou sur des groupes ou des organisations peuvent servir d’éléments de preuve ». Prétendant forger elle-même les preuves qui prouveront qu’elle a raison, la Miviludes veut donc s’ériger en juge et dicter aux Français comment ils doivent se soigner. On croit rêver. Quelle serait d’ailleurs la valeur juridique d’une telle liste, publiée par une mission interministérielle sur des critères inconnus, sans enquête sérieuse et hors de tout cadre juridique ?

Les tribunaux ont déjà répondu sur ce point. La tristement célèbre « liste noire » de mouvements spirituels et religieux établie en 1996 par une commission parlementaire n’a aucune valeur juridique. Elle a été annulée par une circulaire du Premier ministre en date du 27 mai 2005 et toutes les interdictions administratives qui se référaient à cette liste ont été systématiquement annulées par les tribunaux.

Sur la liste arbitraire des médecines douces qui sont dans le collimateur de la Miviludes figurent de nombreuses pratiques parfois fort anciennes, dont l’efficacité est largement reconnue dans d’autres pays. « Cela fait trente ans que l’on nous tape dessus sans la moindre preuve », déclare l’organisation des naturopathes professionnels. « Aujourd’hui, il suffit qu’on recommande de manger sainement, de modifier ses habitudes de vie pour être soupçonnés de dérive sectaire… ». Selon Evelyne Mathelet, présidente d’Ayurveda France : « La Miviludes est un épiphénomène à l’échelle de notre héritage, qui allie santé et philosophie depuis 5 000 ans. Il y avait des praticiens en ayurveda avant la Miviludes, il y en aura toujours après. »

Remise en cause du secret médical

Non seulement la Miviludes remet en cause la liberté de choix thérapeutique, mais elle voudrait aussi violer le secret médical. Les extraits des rapports annuels de la Miviludes « peuvent servir d’éléments de preuve » au médecin, qui est invité à « signaler » à la Miviludes, ainsi qu’au Procureur de la République, toute personne qu’il juge « à risque sectaire ».

Le climat généré par la Miviludes est tel que cet appel à la délation n’a pas encore été dénoncé publiquement. Mais comment l’Ordre des Médecins pourrait-il accepter de se laisser dicter par des fonctionnaires, qui n’ont aucune compétence médicale, des règles d’éthique ?

La Miviludes tente une fois de plus d’imposer la loi du plus fort, en faisant régner la peur : celui qui défend les libertés se retrouve accusé d’abriter des soi-disant « dérives sectaires ».

Tout praticien, de même que les particuliers qui auraient recours à ces pratiques, peuvent craindre un jour ou l’autre d’avoir des comptes à rendre à la justice, sur la seule « preuve » d’un rapport déconnecté des réalités du terrain et établi de manière arbitraire sans véritable évaluation des résultats. Or, s’il est légitime qu’un gouvernement intervienne pour faire appliquer la loi en cas d’éventuelles dérives, il n’a aucun droit de régenter les corps et les esprits.

Certains spécialistes vont jusqu’à affirmer que la Miviludes cherche délibérément à protéger les intérêts d’un monopole médical secoué par les scandales sanitaires, face à l’explosion du nombre de démarches thérapeutiques. Une lecture renforcée par la nomination à la tête de la mission interministérielle du Dr Serge Blisko, ancien député, qui ne risque guère d’inverser la tendance. Dès sa première interview sur France Culture le 3 août 2012, celui-ci a confirmé l’orientation de la Miviludes à l’encontre des médecines alternatives, accusées d’exercer « une emprise bien plus grave ». La création d’une commission d’enquête sénatoriale sur les sectes et la santé, qui a rendu son rapport en avril 2013, s’inscrit directement dans ce climat de méfiance et de soupçons entretenu par la Miviludes.

Le gouvernement, attentif aux attentes des Français qui veulent être libres de choisir leur fin de vie, saura-t-il comprendre qu’ils veulent aussi être libres de se soigner comme ils l’entendent ? Car au final, ce sont bien les patients qui auront le dernier mot. Ceux-ci veulent choisir le mode thérapeutique qui leur convient, que celui-ci plaise ou non à la Miviludes et à son dogme administratif.

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