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N° 43 – Nouvelles spiritualités : Qui se cache derrière les attaques ?
Georges Fenech et les trafiquants d’armes
mardi 8 juin 2010
Georges Fenech était lui aussi sur le banc des prévenus, mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux. L’ Association Professionnelle des Magistrats (APM), syndicat aujourd’hui dissous, dont il était le président, avait en effet reçu 100 000 francs (soit 15 244 euros) des mains de Pierre Falcone (via la société Brenco France dirigée par celui-ci). Cette somme représentait la moitié du budget annuel de l’association.
L’enquête avait relevé plusieurs étrangetés, comme le fait qu’un membre de l’APM s’était efforcé de faire disparaître toute mention de la société Brenco des fichiers de l’APM.
Pour sa défense, Georges Fenech a toujours affirmé ne rien savoir des activités de marchand d’armes de Pierre Falcone. Etrange ignorance ... A la barre, le Général Mouton, qui avait présenté Pierre Falcone à Georges Fenech, affirme avoir indiqué à Georges Fenech que Brenco travaillait dans le domaine de l’armement. A l’époque, plusieurs articles de presse avaient déjà été publiés sur Pierre Falcone, le mettant en cause pour des ventes d’armes à destination de l’Angola.
Les allégations de G. Fenech n’ont guère convaincu le tribunal de grande instance de Paris, comme le montrent ces extraits du jugement du 27 octobre 2009, qui soulignent un manque patent de prudence et de discernement, manque particulièrement regrettable chez un haut fonctionnaire et ancien magistrat qui se plaît à fustiger des mouvements spirituels. En effet, G. Fenech aurait fait preuve au mieux d’une consternante naïveté : Il n’a pu s’abstraire des interrogations de bon sens que pouvait susciter la conversion de cette somme en 50 abonnements à une revue d’intérêt relatif.
Le tribunal correctionnel a relaxé G. Fenech, faute de preuves, malgré les réquisitions du procureur qui avait demandé six mois de prison avec sursis et malgré l’intime conviction du juge, exprimée en termes mordants :
“En obtenant un virement de 100 000 francs, ordonné le 7 octobre 1997 en faveur de l’APM, dont il était le Président, monsieur Fenech a fait office d’intermédiaire au sens de l’article 321-1 du code pénal incriminant le recel. Contrairement a ce qu’il a soutenu, cette circonstance de fait caractérise l’élément matériel constitutif de délit [...]
Après dix-sept ans d’expérience professionnelle, M. Fenech s’est certainement aperçu que la société Brenco France ne disposait pas du volume d’activité ou de la notoriété des bailleurs de fonds comme l’IUMM ou le groupe AXA, qui avaient estimé utile d’apporter leur appui à l’association professionnelle des magistrats [APM].
Ayant eu à connaître d’infractions économiques et financières, la plus simple des arithmétiques lui a sûrement fait remarquer que la somme de 100.000 francs allouée[par M. Falcone] représentait environ la moitié du budget annuel de son association (…) Même dans l’enthousiasme d’une collecte fructueuse, il n’a pu s’abstraire des interrogations de bon sens que pouvait susciter la conversion de cette somme en cinquante abonnements à une revue d’intérêt relatif, destinés à une société dont il disait presque tout ignorer.
Il n’est toutefois pas possible de déduire (…) que ce qui relève, au moins, d’un manque patent de prudence et de discernement caractérise l’intention constitutive d’un délit de recel. Faute d’éléments objectifs apportant la preuve de l’intention délictueuse et permettant de forger une conviction qui, pour être intime, ne saurait valablement reposer sur des présomptions, si fortes soient-elles, M. Fenech doit être relaxé”.
Tout cela ne serait pas si grave, s’il n’y avait pas la mémoire des enfants angolais morts ou estropiés pour le profit des marchands d’armes. Un sujet sur lequel Georges Fenech ne s’est guère exprimé.
Mais peut-être ignore-t-il que les armes tuent ...