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Enquête : Georges Fenech et le lobby pharmaceutique

mercredi 16 novembre 2011

Enquête : Georges Fenech et le lobby pharmaceutique

Georges Fenech, le lobby pharmaceutique et les autres : coïncidences troublantes ou conflits d’intérêts ?

Georges Fenech, président de la Miviludes, déclarait à l’occasion de la sortie du rapport 2010 de sa mission : « Tout ce qui est naturel peut cacher des dérives sectaires ». Une orientation qui se comprend mieux lorsqu’on sait qu’il est l’un des fondateurs du Momagri, un lobby pro-ogm regroupant certains des principaux acteurs de l’agro-alimentaire et de l’industrie pharmaceutique (Limagrain, Pierre Fabre…).

Lobbying pharmaceutique auprès du régime de Ben Ali

Le président de la Miviludes préside aussi l’association Échanges Franco-Tunisiens (EFT). Loin d’utiliser sa position pour s’efforcer d’introduire plus de démocratie en Tunisie, Fenech entretenait des rapports étroits avec le régime autoritaire du président déchu Ben Ali, dont il n’a dénoncé les dérives qu’après coup. Le 17 janvier 2011, sur la chaîne LCP, il a reconnu : « On a tardé à condamner la répression féroce de Ben Ali ».

L’association EFT a été fondée par Hosni Djemmali, homme d’affaires et de media, considéré comme le véritable attaché de presse du régime Ben Ali en France. Djemmali est l’un des grands amis de Georges Fenech, qui était fréquemment invité, avec son épouse et d’autres personnalités, dans les hôtels tunisiens possédés par l’homme d’affaires franco-tunisien, pour agir afin de favoriser des implantations françaises dans l’industrie tunisienne.

Il profitait d’ailleurs de ces occasions pour se faire l’apôtre dudit régime en matière pharmaceutique. En avril 2009, à l’occasion du gala de l’EFT, d’ailleurs sur le thème de la santé, Georges Fenech aurait déclaré à propos de la Tunisie : « Quand même, en matière de santé et de nouvelles technologies comme le bio-médical, ça fonctionne ». (Bakchich du 4 mai 2009).

Déjà en mai 2003, il aurait fait la promotion de la Tunisie pour favoriser l’implantation de l’industrie pharmaceutique. Dans un entretien avec la journaliste Patricia de Sauzéa, il déclarait : « Les tunisiens sont demandeurs d’une coopération avec la France dans de nombreuses branches d’activités. Par exemple la ville de Monastir, qui possède une université scientifique, souhaiterait l’implantation d’entreprises pharmaceutiques françaises pour répondre aux besoins nationaux.  » Son ami Pierre Fabre, lui aussi co-fondateur du Momagri, l’a d’ailleurs bien compris, en s’associant dès 2005 avec la Société des Industries Pharmaceutiques de Tunisie (SIPHAT), au point d’en détenir 65 % des parts et ainsi devenir la première industrie pharmaceutique du pays.

Un rapport au Sénat étouffé

En janvier 2007, Georges Fenech fut celui qui défendit à l’Assemblée nationale l’amendement 139 relatif aux obligations vaccinales devant la commission des lois, contre l’avis du président de cette dernière et contre l’avis du gouvernement : « Les vaccinations sont obligatoires, mais, suivant la vaccination, les pénalités ne sont pas les mêmes. Nous proposons de frapper des mêmes pénalités tous les refus de vaccination, c’est-à-dire six mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende », disait-il. Si Georges Fenech, grand pourfendeur des sectes devant l’éternel, se révèle donc étrangement lié aux volontés hégémoniques de l’industrie pharmaceutique, il n’est pas le seul.

Il s’appelle Nicolas About, et était sénateur jusqu’à récemment. En plein scandale de l’AFSSAPS et des laboratoires, il quitte subrepticement son poste pour se retrouver au CSA. C’est lui qui en 2001 avait été l’auteur de la tristement célèbre loi About-Picard, l’unique loi d’exception qui se promet de juger les citoyens selon leur appartenance à des mouvements déterminés. Une loi très critiquée internationalement, mais fer de lance de l’exception française en matière de discrimination « anti-secte ». Son départ du Sénat a-t-il un rapport avec les révélations liées au Mediator ? Peut-être. (Voir Psychotropes : Attention, danger !)

Ces révélations ne sont pas nouvelles. En juin 2006, un rapport est remis au Sénat par Marie-Thérèse Hermange et Anne-Marie Payet, au nom de la Commission des affaires sociales. Il traite des conditions de mise sur le marché et de suivi des médicaments. Ce rapport, particulièrement bien fait, contient toutes les accusations qui ressortiront fin 2010 dans l’affaire du Médiator concernant l’AFSSAPS et les différents acteurs du marché du médicament. Or, le président de la Commission des Affaires sociales s’appelle Nicolas About. Ce dernier prend la défense du système français (avec les conséquences que l’on sait). Il déclarera devant la commission : « Le dispositif mis en place est assez efficace. Ne risquons-nous pas de l’alourdir en systématisant le contrôle a priori. » Bref, pas trop de contrôle, cela pourrait ralentir les ventes… Mais surtout, Nicolas About promet une chose : il proposera une loi avant l’automne 2007 pour résoudre les problèmes soulevés par le rapport. Ainsi tout le monde se détourne du sujet, on fait confiance à monsieur About. Ce projet de loi ne verra jamais le jour, et le rapport sera étouffé sans aucun état d’âme. Comment se seraient passées les choses s’il avait été traité en 2007, et que le sénateur About n’avait pas détourné l’attention de chacun par une vaine promesse ?

Or, en se penchant à peine sur le passé de monsieur About, on se rend compte qu’il a été lui même directeur des relations médicales du laboratoire Servier de 1981 à 1985, et directeur de communication médicale chez Sanofi à partir de 1988. En 2009 il est toujours connecté à Servier : il se rendra par exemple au Brésil à la demande du laboratoire pour la visite d’un site. Et en 2006, il était président de l’Office Parlementaire d’Évaluation des Politiques de Santé (OPEPS). Il était aussi membre titulaire de la Commission des comptes de la Sécurité sociale. C’est-à-dire qu’il est totalement impliqué dans l’autorisation de mise sur le marché et l’évaluation du remboursement des médicaments. Ce remboursement est capital pour les laboratoires, puisqu’il détermine si leur médicament sera prescrit par les médecins ou pas. Un type de conflit d’intérêts plutôt mal vu en cette période de scandale pharmaceutico-institutionnel.

Pourfendre les médecines alternatives

Après Georges Fenech et Nicolas About, on trouve à la Miviludes l’actuelle défenseur des enfants, Dominique Versini. Elle aussi, toujours prompte à militer pour l’entrée des psychiatres dans les écoles, dans les centres éducatifs, etc., et ainsi pousser la surmédicalisation de nos garçons et filles (on connaît les velléités des laboratoires dans ce domaine), est une ancienne de Servier, dont elle a été la directrice de communication internationale.

Le député Michel Zumkeller semble avoir inondé de questions le gouvernement sur le soi-disant problème des « sectes ». Celui-ci est d’ailleurs cité par Dominique Versini dans son rapport « sur la prise en charge sanitaire, psychologique et psychiatrique des personnes mineures ». Il y fait la promotion d’une « systémisation » des soins psychiatriques pour les enfants dans les centres éducatifs fermés, pour le plus grand bonheur des laboratoires en charge de fabriquer les molécules qui viendront « soigner » nos enfants sous forme d’antipsychotiques plus dangereux les uns que les autres.

C’est lui aussi qui prenait la défense du Mediator en mars 2010 (question 74 657 à l’Assemblée nationale, publiée le 23 mars 2010), en disant que « pour certains diabétiques, cette association de molécules a permis d’améliorer le taux de glucides dans le sang et donc de réguler leur diabète », alors que l’AFFSAPS venait finalement de le faire retirer du marché. Défendre le Mediator quand on a une formation de comptable et aucune compétence médicale, voilà qui peut laisser songeur. À moins que l’on ne défende les intérêts du laboratoire Servier ?

C’est ainsi qu’on est en droit de se poser des questions sur les motivations des acteurs de la lutte anti-sectes. Confrontés à divers problèmes de définition (le mot secte étant impossible à définir juridiquement, le choix des groupes visés est parfaitement arbitraire), à une carence « d’affaires » à se mettre sous la dent, la Miviludes et les quelques acteurs de la lutte anti-sectes à la française ont cru bon de devoir élargir leur champ d’action pour justifier leur existence. Mais en s’attaquant comme ils le font au domaine de la santé, un projecteur se braque sur les convergences qui existent entre ces pourfendeurs de médecines alternatives et l’industrie pharmaceutique. Et sous cet éclairage nouveau, leur lutte prendrait maintenant tout son sens.

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