N°46

 
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Enquête

mardi 8 juin 2010

Enquête

Depuis plusieurs mois, les « descentes » de type policier se multiplient à l’encontre de groupes spirituels, voire des enseignants du Reiki (méthode de massage et de relaxation). Les moyens mis en oeuvre, avec déploiement de troupes armées, sont sans commune mesure avec ce qui serait réellement nécessaire pour contrôler la situation de quelques familles. On frôle le ridicule et l’opinion publique ne s’y trompe pas.

De la même façon, tout le monde peut se rendre compte que le bruit fait autour de l’Église de Scientologie dépasse de très loin tout ce que l’on pourrait raisonnablement attendre concernant un groupe d’une quarantaine de milliers de personnes. Il semble bien que la Scientologie soit devenue une cible pour certaines personnes, notamment pour le Président de la Miviludes, pourtant censé lutter contre les dérives et non contre les croyances elles-mêmes.

A l’encontre de sa mission, ce dernier n’hésite pourtant pas à s’en prendre aux activités de l’Église et à ses actions caritatives. Il n’a ainsi pas hésité à critiquer les scientologues partis pour Haïti, des bénévoles travaillant en collaboration avec des médecins et équipes de secours pour aider les victimes du récent tremblement de terre. Plus étrange encore, en novembre dernier, on l’a vu à la télévision s’en prendre à la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH), association créée par l’Eglise de Scientologie pour dénoncer les abus psychiatriques, et qui venait d’envoyer 56 000 DVDs « Profits macabres », exposant les dangers des psychotropes à tous les médecins généralistes français. CCDH dénonçait ainsi la corruption et les liaisons dangereuses entre psychiatrie et laboratoires pharmaceutiques.

En quoi cette campagne d’information peut-elle bien concerner la Miviludes, organisme censé s’occuper de dérives sectaires ?

Georges Fenech est monté au créneau dans le domaine de la santé alors que des groupes pharmaceutiques alliés à des psychiatres éminents gagnent des centaines de millions d’euros, non sans danger pour la population. Alors, Georges Fenech est-il un homme du lobby pharmaceutique ? Il en est en tout cas apparu comme un défenseur.

Des lobbies influents

D’autres faits troublants apparaissent quand on se penche sur certaines attaques récentes contre la Scientologie et d’autres groupes spirituels. Danièle Gounord, porte-parole de l’Église de Scientologie, explique : « La politique de la Miviludes s’est durcie en 2005 avec la nomination d’un ancien préfet à sa tête, Jean-Michel Roulet. C’est aussi en 2005 que Mme le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion et de croyance, inquiète de la situation des minorités de conviction, s’est rendue en France. » Dans son rapport, Asma Jahangir mettait la Miviludes sous surveillance et exprimait l’espoir que « les futures initiatives de la Miviludes seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu’elles éviteront les erreurs du passé. »

En France, en 2005, les psychiatres perdent une bataille importante : le dépistage d’éventuels troubles psychiques chez les enfants dès 3 ans, qui est une constante de la stratégie psychiatrique pour essayer de contrôler la population dès le plus jeune âge, se heurte à une opposition farouche. Sous la pression de nombreuses associations de parents, d’éducateurs et de psychothérapeutes, le projet est finalement abandonné par le gouvernement.

L’Église de Scientologie, qui dénonce depuis de nombreuses années cette tendance à psychiatriser toutes sortes de comportements humains, était et reste encore en première ligne dans ce combat pour les droits de l’homme et contre la psychiatrisation à outrance de l’existence. C’est aussi en 2005 que, suite à une vaste campagne menée par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, le nombre d’internements psychiatriques sous contrainte en France commence à baisser légèrement. Cela marque la fin d’une longue période d’augmentation continue. Un groupe d’étude à l’Assemblée nationale est créé pour enquêter sur ce sujet. Au congrès des directeurs d’établissements psychiatriques tenus au Sénat cette même année, on peut entendre qu’il devient de plus en plus difficile pour un directeur d’hôpital psychiatrique de procéder à une hospitalisation sous contrainte, en partie à cause de l’action des Scientologues.

Ainsi, en 2005, l’Eglise de Scientologie semble bien s’être mise en travers des intérêts colossaux de l’industrie pharmaceutique et son essor (le nombre d’Eglises, missions et groupes a doublé en 5 ans, il y en a aujourd’hui 8000 dans 165 pays) a été ressenti comme menaçant par les acteurs du marché de la santé mentale. Rappelons que le marché des psychotropes représente 46 milliards de dollars chaque année au niveau mondial et 1 milliard d’euros pour la France.

Tout laisse donc penser que les attaques contre la Scientologie qui se sont développées à partir de 2005 ont été suscitées par des groupes d’intérêt économique privés très influents, tels que l’industrie de la santé mentale. L’envoi des 56 000 DVDs aux médecins généralistes en 2009 n’a donc pu que décupler l’ardeur des attaquants de la Scientologie.

Un long combat

En vérité, ce combat contre la Scientologie de la part du lobby psychiatrique et pharmaceutique n’est pas nouveau. Si les attaques contre la religion de Scientologie ont pris différentes formes au fil des décennies, leur fond et leur source n’ont pas varié depuis l’arrivée de la Dianétique en 1950.

Bien que l’origine de ces attaques n’ait été réellement découverte qu’en 1969, après des recherches exhaustives, c’est 3 mois après la parution du livre La Dianétique que commencèrent les séries d’actions hostiles contre ce qui allait devenir en 1954 l’Église de Scientologie. Le groupe d’intérêts privés qui orchestra les premières campagnes contre la Dianétique et son auteur, Ron Hubbard, fut l’Association Psychiatrique Américaine (APA).

Aux débuts de la Dianétique, estimant que ses travaux étaient de quelque intérêt pour les sciences humaines, Ron Hubbard contacta l’APA et offrit de partager le fruit de son travail, pensant que les psychiatres avaient à cœur d’en apprendre plus sur le mental humain. L’accueil qu’il reçut lui fit comprendre que la seule chose qui intéressait l’APA était de disposer de méthodes permettant de mieux contrôler la population, alors que l’objectif de la Dianétique était de libérer les gens de leurs peurs et de leurs angoisses pour leur permettre d’améliorer leurs aptitudes. Ron Hubbard dut se rendre à l’évidence que ces gens n’étaient pas de son bord et choisit de rendre ses travaux publics en mai 1950, avec la publication du livre Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps.

La Dianétique eut un énorme succès et bientôt, dans tous les Etats-Unis, des groupes se formèrent pour pratiquer ces techniques nouvelles. L’APA, qui recevait des subventions astronomiques pour faire des recherches qui ne menaient jamais à rien, vit d’un très mauvais œil cette ascension de la Dianétique, et entama une campagne de propagande contre Hubbard et les dianéticiens, avec l’argent qu’elle recevait du gouvernement.

Ceci continua pendant les années 50, jusqu’à ce que l’Église de Scientologie de Washington (fondée en 1954 par plusieurs scientologues) et Ron Hubbard dénoncent le « projet Sibérie » au gouvernement et mobilisent plusieurs groupes civiques américains. Ce projet consistait à construire de grands camps psychiatriques en Alaska dans lesquels n’importe quel citoyen américain aurait pu être interné sur demande d’un psychiatre.

Cela mit le projet en échec et valut à la Scientologie de devenir une cible du lobby psychiatrique.

En 1968, la Fédération Mondiale de la Santé Mentale tenta de convaincre le parlement australien d’adopter ce même projet pour l’Australie. Ils se heurtèrent encore aux scientologues.

Liaisons dangereuses

Prenons un autre exemple parmi les détracteurs actuels des mouvements spirituels en France.

Le sénateur Nicolas About, co-auteur de la triste loi About-Picard, a présidé l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS) jusqu’en juin 2009. Il est aujourd’hui secrétaire de la Commission des Affaires sociales, qui a repris les tâches de l’Office. En fait, il est directement issu des grands laboratoires pharmaceutiques. Il fut directeur des relations médicales aux Laboratoires Servier de 1981 à 1985, puis responsable de communication médicale dans le groupe Sanofi en 1988. Nicolas About déclarait le 6 mars 2009 devant le Sénat : « Les progrès faits à l’heure actuelle par les neurosciences vont démontrer, notamment, les limites du discernement, de la liberté de décision. […]. Les cinquante prochaines années seront fabuleuses sur le plan des découvertes dans le domaine des neurosciences. Bizarrement, nous avons vécu la séparation de la psychiatrie et de la neurologie. Les neurosciences rapprochent à nouveau la neurologie de la psychiatrie […]. J’ai assisté à des interventions extraordinaires où l’on observait qu’une électrode placée à un niveau un tout petit peu trop bas dans le cerveau provoquait une dépression brutale de la personne qui se mettait à pleurer et souhaitait mourir, et qu’il suffisait de relever l’électrode d’un rien pour que soudain la vie redevienne belle à ses yeux. On le voit, le cerveau humain est un ensemble extrêmement fragile ... »

On ne peut que frémir à l’idée d’un monde où l’être humain serait contrôlé par des puces implantées dans le cerveau.

La religion de Scientologie, comme la plupart des religions, considère l’homme comme un être spirituel dont le salut est rendu possible par la reconnaissance de cette spiritualité et l’élévation de son niveau de conscience. Leur développement représente, pour ces groupes d’intérêts privés, la fin des idées reçues selon lesquelles l’homme est un animal fonctionnant sur une base d’excitation réflexe, et donc la fin potentielle d’une manne qui se chiffre en centaines de milliards de dollars, tant en subventions gouvernementales qu’en dividendes de l’industrie pharmaceutique.

Il n’est donc guère surprenant que les zélés opposants aux nouvelles spiritualités s’acharnent également sur ceux qui privilégient des thérapies alternatives, au mépris aussi bien du droit à la liberté de conscience que du libre choix thérapeutique.

Mais l’opinion publique, de plus en plus consciente des véritables enjeux de ces batailles, est de moins en moins disposée à se laisser manipuler par des lobbies plus préoccupés de profits que du bien-être de la population.

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