N°46

 
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ENFANTS DROGUES : LE RACKET

vendredi 14 juillet 2006

ENFANTS DROGUES : LE RACKET

Le 8 et le 9 mai 2004, les murs du Département de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’Université de Gothenburg résonnaient des sons discordants de 3 déchiqueteuses tournant à plein régime- dans la salle “Fournitures de bureau,” dans le bureau “Archive, 419” et finalement derrière une porte indiquant “Secrétaire du Médecin, 523.”

Ce samedi et ce dimanche là, une pile de papier de plus de 22 mètres de haut fut réduite en lambeaux par trois personnes, dont 2 psychiatres, qui s’activèrent fiévreusement au lieu de profiter de leur week-end comme la plupart des Suédois

Le volume de déchets produits par les machines alla remplir de nombreux sacs poubelles extra - larges qui furent ensuite tirés à l’écart et empilés près des portes de service du département avant de disparaître définitivement.

Ces sacs contenaient les restes de documents - l’ensemble des résultats d’un “groupe de recherche” psychiatrique financé par l’état - que la Cour d’appel administrative de Gothenburg avait ordonné au psychiatre Christopher Gillberg de remettre à des chercheurs indépendants en Février 2003.

La Cour d’appel administrative et la Cour suprême administrative lui avaient toutes deux ordonné de remettre ces documents. La destruction de ces preuves essentielles-financées par l’état à hauteur de millions de couronnes suédoises, selon des sources bien informées-constituait « une faute officielle », selon un jugement ultérieur de la Cour suprême.

Mais à la lumière de récentes révélations sur la nature non scientifique des troubles mentaux- et de la prescription à grande échelle de dangereux médicaments psychiatriques aux enfants pour les “traiter” - la destruction de ces documents se place dans une toute nouvelle perspective. Gillberg était depuis longtemps l’un des partisans les plus acharnés de la mise sous camisole chimique de la société. Fêté et mis en vedette par des sociétés pharmaceutiques du monde entier et par ses collègues psychiatres bénéficiant de ses travaux, Gillberg, en s’effondrant publiquement, a mis en évidence une escroquerie scientifique. Il ne s’agit pourtant que de l’épisode le plus récent de la collusion incestueuse et lucrative existant entre la profession psychiatrique et l’industrie pharmaceutique-une tendance qui ne se limite pas à la Suède et qui, tragiquement, prend au piège des enfants dans toute l’Europe.

POURQUOI DETRUIRE LES DOCUMENTS ?

Il peut sembler surprenant qu’un chercheur aussi impliqué dans le domaine de la santé mentale de l’Enfant décide, après 20 ans de recherche, de réduire en miettes la totalité de son travail. Les spécialistes qui mettaient depuis longtemps en doute la crédibilité de Gillberg rejettent le prétexte de la confidentialité (la nécessité de protéger les noms des sujets de la recherche) avancée par celui-ci, et prétendent que seules l’existence d’affirmations frauduleuses sans preuves à l’appui a pu le forcer à des mesures aussi drastiques que la destruction de ses archives. “Des chercheurs soupçonnaient que Gillberg avait falsifié ses résultats-une accusation extrêmement grave,” écrit le Professeur Bengt Borjesson dans le quotidien Dagens Nyheter . “Je n’ai jamais vu d’argument convaincant de la part de Gillberg pour se défendre sur ce point.”

Plus pertinents encore, voici le commentaire du neurologue Michael G. Koch, de Karlsborg : “Une étude indépendante [imminente] des documents correspondant à 17 années de recherche sur le DAMP auraient visiblement mené à de tels reproches qu’un suicide scientifique irrémédiable, en violation de la loi et au mépris de la justice, est apparu comme un moindre mal aux personnes concernées.”

Pour la sociologue suédoise Eva Karfve, professeur assistant à l’Université de Lund et auteur de « La menace contre la Santé publique », l’auto-immolation scientifique de Gillberg a commencé avec sa théorie du DAMP. “Affirmer que le DAMP [ “Déficits d’attention, contrôle moteur et perception”] a une cause biologique ou provient de déséquilibres du métabolisme dans le cerveau n’a aucun fondement scientifique,” dit-elle.

Eva Karfve fait partie du nombre croissant de chercheurs et de spécialistes qui considèrent que ni le DAMP ni le THADA ne sont des maladies physiques, comme le prétendent Christopher Gillberg et d’autres psychiatres proches du lobby pharmaceutique.

En fait, le rapport du Chirurgien général américain sur la santé mentale confirme : “Pas un seul gène n’a été identifié comme étant responsable d’un quelconque trouble mental spécifique... il n’y a habituellement pas de lésions définitives (anomalies pathologiques) ou d’analyses en laboratoire” de tissus du cerveau qui permettent d’identifier les maladies mentales.

Même Steven Sharfstein, président de l’Association psychiatrique américaine (APA), a admis en juillet 2005 qu’il n’y avait aucune façon de mettre en évidence un “déséquilibre chimique” dans le cerveau humain prouvant la présence d’une quelconque “maladie mentale.”1

“Nous n’avons pas de test de laboratoire précis” pour de tels troubles, a-t-il déclaré aux lecteurs de l’hebdomadaire américain People.

Pourquoi les psychiatres tiennent-ils alors à jour une liste toujours plus longue de “troubles mentaux” qui, comme le DAMP et le THADA, sont nés d’opinions subjectives et non de faits scientifiques ?

S. Sharfstein a lui-même répondu à cette question : “Pour survivre, nous devons aller où se trouve l’argent.”2

DES DIAGNOSTICS MOTIVES PAR LE PROFIT

Pour résumer, les médicaments destinés à “traiter” ces maladies et susceptibles de modifier profondément le psychisme et l’humeur des patients représentent un énorme marché. D’où une incitation certaine à en inventer de nouvelles, à en faire la promotion et à les prescrire.

Pour qu’un médecin puisse légalement prescrire un médicament, le patient doit souffrir d’une condition physique reconnue, d’une affection valide ou d’une maladie avec de véritables symptômes physiques. Mais un psychiatre n’a besoin que de la liste des “troubles” contenue dans l’un de ces 2 ouvrages : la Classification internationale des affections (International Classification of Diseases) - Section sur les “Troubles mentaux”) ou le Manuel de diagnostic et de statistiques des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders - DSM).

Le Figaro du 24/04/2006 indique que, selon une enquête de Lisa Cosgrove, chercheuse à l’université du Massachusetts de Boston, parue dans Psychotherapy and Psychosomatics, « la moitié des experts psychiatres qui ont participé à la rédaction du DSM4 sont payés par l’industrie pharmaceutique, qui fabrique justement les médicaments utiles dans ces maladies ». Le quotidien précise notamment que ces « liens financiers » vont de « simples honoraires aux salaires de consultants, en passant par des paiements en actions industrielles ».

Depuis les années 60, l’étiquette d’“hyperactivité” a permis aux psychiatres d’augmenter leur clientèle en incluant les enfants d’âge scolaire. Ensuite, en 1987, l’APA, grâce à un tour de passe-passe, a voté et créé “le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité” (le THADA, trouble fictif similaire au DAMP), et l’a inclus dans la troisième édition mise à jour du DSM. Très rapidement, des groupes soutenus par les sociétés pharmaceutiques se sont formés pour en assurer la promotion.

En guise de décharge, le DSM reconnaît que : “ Bien que ce manuel fournisse une classification des troubles mentaux, on doit admettre qu’aucune définition ne spécifie de façon adéquate les limites précises du concept de ‘trouble mental.’” Mais en dépit de la nature spécieuse de ces soi-disant troubles mentaux, ils sont la vache à lait de la psychiatrie, lui permettant de prescrire, de traiter - et de facturer l.

Le docteur Thomas Dorman, membre du Collège Royal des Physiciens du Royaume Uni et du Collège Royal des Physiciens du Canada, ne mâche pas ses mots en résumant la situation : “Tout ce processus de créer des catégories de ‘troubles’ psychiatriques, de les formaliser grâce à un consensus, et de leur affecter des codes de diagnostic, qui peuvent alors être utilisés pour leur remboursement, n’est rien d’autre qu’un racket à grande échelle qui donne à la psychiatrie une aura pseudo-scientifique. Les coupables, bien entendu, se nourrissent au râtelier des subventions publiques.”

DES COLLABORATEURS FRANÇAIS

Dans ce pays, notre propre industrie de la santé mentale a, en 7 ans seulement, créé une hausse de 600 % du nombre d’enfants décrétés “hyperactifs”, une révélation choquante qui prouve une fois encore que les soi-disant “troubles” d’apprentissage sont créés de toutes pièces. Les psychiatres français Manuel Bouvard, Daniel Bailly ou Maurice Corcos travaillent en étroite coopération avec Gillberg, en tant que co-auteurs d’ouvrages ou au sein d’associations comme l’ESCAP (Société européenne pour la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent). Tous ces “experts” ont apporté leur contribution au rapport de l’INSERM publié en 2005 qui milite en faveur d’un contrôle systématique précoce de la santé mentale des enfants dès l’âge de 3 ans.

“On parle d’une profession qui est incapable de savoir si les patients qu’elle remet en liberté dans la société sont dangereux ou non. L’idée de confier l’avenir de nos enfants aux psychiatres fait froid dans le dos et doit sûrement donner à réfléchir à tous les parents qui aiment leurs enfants.”, déclare Frédéric Grossman, président de la branche française de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme, association internationale de surveillance des abus de la psychiatrie. Dans son livre Nos enfants, cobayes de la psychiatrie ? (paru en février 2006 aux Éditions Anagramme), l’écrivain Pierre Vican explique que le méthylphénidate qui entre dans la composition de la Ritaline et du Concerta, les deux psychostimulants censés traiter le THADA, « est considéré comme le médicament miracle de l’hyperactivité. Actuellement, en France, c’est la seule molécule à bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché pour ce trouble. Bien que cette molécule s’adresse aux enfants âgés d’au moins sept ans, l’utilisation de méthylphénidate est possible en dessous de cette tranche d’âge, même chez les tout petits, sous la responsabilité du médecin prescripteur. »

Dans son témoignage devant l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg en novembre 2001, l’éminent neurologue Frederick Baughman a discrédité le mythe du “diagnostic et du traitement des enfants hyperactifs.”

“L’hyperactivité est une illusion, une invention, une tromperie,” témoigne le Dr Baughman. ”Au cours de 35 ans de carrière, je n’ai jamais observé de maladie mentale chez les enfants... Tout cela est fabriqué pour faire de l’argent.”

Des parents, des représentants des autorités de régulation, des associations de protection de consommateurs et des professionnels de santé prennent conscience de réalité. Depuis 2 ans, plusieurs pays européens ont commencé à faire diminuer les prescriptions de ces médicaments psychiatriques susceptibles de modifier le psychisme, parce qu’il a été prouvé qu’ils entraînent des comportements violents et suicidaires chez les enfants. Enquêteurs et chercheurs ont également commencé à démasquer l’escroquerie qui se cache derrière les plans à grande échelle de la psychiatrie pour mettre les enfants sous camisole chimique.

Cependant, en dépit des avertissements qui se multiplient au niveau international, notre Ministre de la Santé n’a pas encore tiré la moindre sonnette d’alarme. Dans tout le pays, des parents et des éducateurs se mobilisent et veulent savoir pourquoi. Car ce qui est en jeu, c’est à la fois la santé de nos enfants et l’environnement où ils vont acquérir des connaissances, et, de ce fait, le destin des générations à venir.

(1) “Mental Health : A Report of the Surgeon General - Executive Summary,” U.S. Department of Health and Human Services, 1999. (2) “MH System Reform Must Start with Funding.” Psychiatric News, January 3, 2003.

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